Flechedor-Modelisme

Bienvenue chez FLECHE D'OR MODELISME !

Création : 26 juin 2016
Construction de notre réseau de démonstration (1/3)
Mise à jour : voir page 2/3
1. Objectif :
Ce réseau sera réalisé en mémoire de mon ami Jean qui nous a quittés le 4 août 2016
Cette rubrique étant à caractère un peu plus personnel que l'ensemble du site, j'emploierai la première personne du singulier pour mes commentaires. Mon objectif est de partager mon enthousiasme avec ceux qui sont, autant que moi, passionnés de modélisme ferroviaire. Vous pourrez ainsi échanger avec moi au travers de la boîte de dialogues au bas de cette page. Elle est exclusivement réservée à cette rubrique, merci à vous.
Quoi de plus "banal" pour un passionné que de vouloir construire un réseau de trains me direz-vous ? une idée qui effleure beaucoup d'entre nous à un moment donné de leur vie, mais selon notre disponibilité, l'espace, l'investissement, les autres priorités (et elles sont légion !), il arrive qu'on n'y vienne jamais.
De nombreux magazines spécialisés et sites "Internet" proposent des tonnes d'informations sur le sujet, et nombre de particuliers partagent volontiers leurs secrets et leur expérience gratuitement pour nous aider à réussir notre réseau et éviter erreurs et perte de temps. J'adhère à cette idée !
Je vais vous proposer de suivre les étapes d'un projet de construction d'un réseau de trains miniatures à l'échelle HO, réseau qui sera dans ma show-room. L'idée est née en 2010 lors de la création de "Flèche d'Or Modélisme" !
Je n'ai aucune prétention, je fais comme les autres, je glane par-ci par-là des idées et profite des conseils et expériences de chacun. Je me suis tout de même appuyé sur un ouvrage (en anglais) de chez NOCH intitulé "Model Landscaping Guidebook" qu'on pourrait traduire par "Guide du Modélisme Paysager", écrit par Herr Karl Gebele. Il comprend 140 pages en 12 chapitres bien argumentés et de nombreuses photographies de détails précis.
Je ne cherche pas à promouvoir mes produits au travers de cette rubrique. Cependant j'apprécie les décors et dioramas de chez NOCH. J'ai eu l'occasion de me rendre en 2014, chez NOCH en Allemagne, pour un séminaire sur leurs produits au travers d'une formation dispensée par Monsieur Jean Buchmann en personne - oui, oui, ce même Monsieur très sympathique et compétent qui écrit de nombreux articles dans le magazine "LE TRAIN" - et de pouvoir admirer entre autres, leurs réseaux de démonstration.
Je reste sensible à ce modèle de décors qui font rêver les enfants, certes pas suffisamment réalistes aux yeux de certains, mais qui me font toujours rêver quand même !
J'égayerai la rubrique de photographies à chaque étape, c'est plus agréable à suivre !
Votre texte ici
2. Etude, réalisation de la structure :
Un réseau, oui mais comment ? en "L", en tour de pièce, en "U"... Les "professionnels", entendez par là les adhérents des clubs, construisent des modules de 1,10 m par 0,60 m environ qui sont juxtaposés afin d'obtenir de confortables lignes droites ou de jolies courbes ; c'est indispensable pour les monter, les transporter et les exposer à l'extérieur.
Je n'ai pas cette contrainte, le mien sera statique. Plan à l'appui, c'est au centre qu'il prendra le moins de place et je pourrai en faire le tour sur trois côtés.
Au fond, le mur d'étagères pour le futur stockage des produits (photo-01).
La structure sera rectangulaire aux dimensions de : 2,50 m x 1,25 m (photo-02 et photo-04). Le réseau reposera sur une seule planche en contreplaqué de 18mm d'épaisseur. Le coût du bois au m² est bien moindre lorsqu'il s'agit d'une planche complète achetée chez le fournisseur (ni coupe ni perte de bois).
Hauteur me direz-vous ? 1,30 m, oui c'est assez haut, mais les cornières métalliques utilisées mesurent 2,50 m de longueur. Sans rentrer dans les détails, en coupant et en ajustant correctement les différents élément entre eux, cela m'a permis de créer facilement cette hauteur avec, en plus, un espace de stockage supplémentaire par la création d'une surface égale à celle du réseau, située sous le réseau, à 10 cm du sol (et j'en avais besoin !).
Ce niveau formé de deux planches en aggloméré de 22mm d'épaisseur et aux dimensions appropriées de 1,25 x 1,25 m (Photo-03) permet de stocker mes nombreuses boîtes et containers en plastique. La solution la plus simple, la plus économique et la plus solide.
Photo-01
Le mur d'étagères pour le stockage des produits
Supporter autant de poids nécessite une structure solide : réalisée en cornières de 2,50m de longueur recoupées en deux à 1,25m et assemblées entre elles par des boulons de 6mm de diamètre. Cette structure (Photo-05) supportera le poids du réseau (planche de 18mm et décor), mais également les boites et containers de petits produits, pour les bourses entre autres.
Les cornières ont été assemblées entre elles de manière à former deux "cubes" de 1,25m de côté.



Photo-02
Etagères bien remplies, structure du réseau
Photo-03
Stockage sous le réseau des boîtes et containers
Photo-05
Structure solide, deux cubes fixés entre eux
Au gré de mes déplacements en bourses d'échanges et expositions, tout comme dans la presse spécialisée, les critiques sur les réseaux rectangulaires (Photo-06) sont nombreuses : peu réalistes, accès difficiles, etc... je soutiens l'idée que disposer d'une belle profondeur visuelle "réelle" et non simulée via un fond de décor ou des rangées d'immeubles à demi-coupés (même si certains sont parfois très réussis), est source de beauté idyllique et assouvit un vieux rêve d'enfant.
Les trains tournent en boucle... exact ! les réseaux linéaires ne font pas exception, boucles souvent cachées, à l'abri du regard des visiteurs, affectées au fonctionnement des fameuses 'coulisses' qui permettent, de former les convois, échanger les locomotives manuellement (c'est plus rapide que de manœuvrer comme en "vrai"), etc...
Un décor créé avec des montagnes et des tunnels permet de dissimuler les boucles irréalistes ou inesthétiques et donne beaucoup de profondeur à un réseau. En ajoutant un ou plusieurs niveaux de circulation, on obtient un réseau très étendu sur lequel on peut voir circuler les convois sans devoir être aux manettes en permanence ! Non pas que manœuvrer des machines soit ennuyeux, au contraire, mais apprécier le matériel roulant en n'ayant que cela à faire n'est pas non plus déplaisant !
Photo-04
La planche de 2,50 x 1,25 m, haut 1,30 m
Photo-06
Planche du réseau rectangulaire.jpg
Construire cette plateforme m’a demandé :
Pour la structure métallique :
► 14 cornières en acier zingué de 3,55 x 3,55 cm longueur 2,50 m
► Une soixantaine de boulons (et rondelles) de 6 mm de diamètre longueurs de 25 à 40 mm
Pour le niveau supérieur :
► 1 planche de contreplaqué de bois de 18mm d’épaisseur de 2,50 m x 1, 22m précisément
► 3 tasseaux en sapin raboté de section 18 x 27 mm longueur 2,20 m (le tour de la planche)
Pour le niveau inférieur :
► 2 planches en aggloméré de 22 mm d’épaisseur aux dimensions de 1,25 x 1,25 m
Pour les parois verticales (impossibilité d’obtenir la largeur de 1,25m pour les longueurs) :
► 2 panneaux en MDF de 10mm d’épaisseur, de 1,22 x 0,625 m
► 2 panneaux en MDF de 10mm d’épaisseur, de 1,50 x 0,625 m
Je n’ai pas réalisé "d’habillage supplémentaire" pour les parois latérales en raison de la nécessaire manipulation des boîtes et containers. La liste est relativement réduite et la stabilité remarquable pour un coût global raisonnable.
Construire la structure m’aura demandé quelques heures d’étude pour son assemblage et deux jours environ d’effort : coupe à la disqueuse des cornières et à la scie égoïne des tasseaux, perçage pour la fixation des planches et des tasseaux.
Le temps et la qualité gagnés à faire réaliser les découpes dans les surfaces de bricolage ne sont pas négligeables (aggloméré et MDF).
La hauteur de la planche permettra de travailler sans trop se casser le dos, même si je choisis de ne me servir de la planche qu’en tant que support. En effet, elle ne sera pas percée pour y faire passer des fils électriques par exemple. Mieux vaut l’isolation entre liaisons électriques/décor, et la manipulation des boîtes si l’on veut éviter les accidents !
Certains d’entre vous pourraient être intéressés par des détails plus techniques : les photos (Photo-07, 08, 09, 10, 11, 12 et 13) ci-dessous vous donnent une meilleure idée de l’assemblage.
Notez la protection du sol par des cales en chêne (Photo-08), elles-mêmes munies de patins glisseurs afin d’aligner le réseau facilement.
Je dois avouer que les quatre renforts d’angle (Photo-10) n’ont pas apporté de résistance supplémentaire, genre anti-roulement ; le poids et la rigidité de l’ensemble, bien assuré par les deux niveaux de bois et la fixation des cornières entre elles, étant bien suffisants.
L’ajout des tasseaux (Photo-11) sur 3 des 4 bordures de la planche du réseau a permis de porter à 1,27 m la largeur du réseau d’une part (au lieu de 1,22 m), également de couvrir le dessus des cornières supérieures (qui de par la construction des cubes étaient partiellement visibles), et enfin d’apporter un petit côté "esthétique" avec une finition plus soignée.
J’ai ajouté 2 cornières de renfort sous chacun des 2 niveaux (Photo-12) afin de réduire la portée à 62,5 cm au lieu de 1,25m sur la longueur du réseau. C’est surtout sous les 2 planches d’aggloméré, en raison du poids du stockage, que j’en ai estimé la nécessité, mais le réseau en a aussi bénéficié.
Photo-07
Détail liaisons cornières, planche réseau
Photo-08
Détail pieds, cornières, cale au sol
Photo-09
Détail cornières, liaison des deux cubes
Photo-10
Détail renfort d'angle
Photo-11
Fixation tasseaux
Photo-12
Renfort cornière sous réseau
Photo-13
Détail, liaison des deux cubes sous réseau
3. Etude, réalisation du plan de réseau :
Bon c’est chouette, je dispose des dimensions maximales de mon réseau, la structure est réalisée, il me reste à dessiner un plan qui "ne dépasse pas !". Aurais-je dû faire l’inverse ?
Nous le savons tous, si j’avais fait le contraire, c’est un entrepôt aux longueurs démesurées qu’il m’aurait fallu. C’est toujours trop étroit, pas assez grand, les courbes trop serrées... alors je reste raisonnable, je trace le réseau en fonction des dimensions maximales de ma planche.
Alors même que nous demandons aux constructeurs du Secteur du Modélisme Ferroviaire de nous fabriquer des modèles les plus proches possible des vrais, ceux à l’échelle 1, nous souhaitons aussi que ces mêmes modèles s’insèrent parfaitement dans nos courbes serrées, qu’ils avalent les pentes les plus ardues, qu’ils remorquent sans patiner des convois de 10 voitures ou de 25 wagons, bref j’en passe … on notera un certain antagonisme dans l’approche que nous nous faisons des modèles réduits par rapport aux modèles réels, ne trouvez-vous pas ? Et il faut bien avouer que les fabricants réalisent des prouesses en la matière…
Un réseau sans plan, certes c’est possible, mais cela peut prendre pas mal de temps surtout si l’on veut réaliser plusieurs niveaux, et là un plan est quasi-indispensable. D’autant que cela suppose de disposer de rails et éléments de voies en nombre suffisant, de les reporter les uns derrière les autres, en créant inexorablement des erreurs de juxtaposition : on pense pouvoir tourner et à la fin cela ne passe plus ou tout au moins c’est un train qui déraillera à coup sûr !
Un client m’a commandé des rails pour son réseau dont il avait réalisé le plan avec le logiciel "Raily". Eh bien j’ai testé et c’est pas mal du tout. Une version gratuite est même disponible. Elle n’est pas limitée dans les dimensions, mais en revanche on ne peut pas enregistrer son travail pour s’y remettre à plus tard (normal il y a des développeurs qui travaillent à ce logiciel), seule option : réaliser le plan en une seule fois sans éteindre son PC et ensuite l’imprimer écran ou papier.
Je pensais le faire en peu de temps "allez en une heure ou deux, c’est plié !" pensant faire un petit "réseau simple" puisque de "démonstration"… Honnêtement, si j’avais su, je l’aurais acheté tout de suite, car je m’y suis repris en trois fois en repartant de zéro à chaque fois bien sûr... avantage on apprend à le maîtriser rapidement, il est simple avec plein de possibilités : représentation en 3D, liaison sur plusieurs niveaux, etc...
Comme je vous le disais plus haut, le réseau de l’ouvrage de Herr Karl Gebele m’a servi d’exemple (Photo-16). Il est réalisé sur une plateforme de 2,10 x 1,10 m. C’est en-deçà de mes dimensions, mais les courbes sont du type, rayon R2, soit 358mm de rayon. C’est trop serré pour les matériels moteurs d’aujourd’hui.
Le minimum que je me suis fixé est le rayon R3, soit 420 mm de rayon. Pourquoi ? Eh bien tout simplement, parce que depuis 6 ans, je teste toutes "mes locos", je devrais dire "vos loco" digitales sur des rails de rayon R3 (issus d’un coffret Roco digital dédié), et tout passe très correctement et les modèles ont défilé croyez-moi !
Photo-16
Réseau Karl Gebele vue d'ensemble
Son réseau "NOCH" est cependant très sympathique en terme de décor (il est bien dans l’idée que je me fais de mon futur réseau, Photo-14 et 15), et convient parfaitement pour du matériel roulant de faible empattement. Par contre, on oublie les voitures de 30 cm de long ainsi que les autorails type 73500 par exemple... Il est réalisé sur l’équivalent de 3 niveaux avec cascade, lacs, ponts et viaducs, offrant une généreuse profondeur de champ depuis plusieurs points de vue, mais il comprend aussi deux boucles de retournement… aïe, aïe, aïe !
La gestion en mode analogique se complique fortement, surtout pour un réseau de démonstration.
Photo-14
Réseau Karl Gebele 01
Je suis donc revenu sur mon idée première : un réseau simple sans boucle de retournement, mais avec deux niveaux au moins afin de réaliser du relief, des tunnels et des ponts, voire viaduc, pour obtenir un décor en profondeur, au moins semi-montagneux.
Je dispose de 1,25 m de largeur, je peux réaliser des courbes de 600 mm de rayon environ, du rayon R6, c’est chouette !
Je suis parti dans l’idée de construire deux niveaux en voie unique, peu d’aiguilles et des pentes de 5% maximum (1cm de pente pour 20 cm de voie). Si l’on compte 10 cm entre deux niveaux, une longueur de 2 mètres au moins est nécessaire. Cela fait des pentes déjà assez fortes, d’autant qu’il faut compter un peu de métrage supplémentaire pour réaliser les changements de pente (arrondis) qui doivent accepter le passage des matériels assez longs, type autorail Panoramique de chez Mistral ou 73500 de chez Jouef.
Photo-15
Réseau Karl Gebele 02
Finalement, après de nombreux essais de plans de réseau à main levée, en reprenant les grandes lignes de mon réseau modèle, et en évitant les pièges de rayons trop serrés, j’ai fini par créer
trois niveaux en voie unique, interconnectés entre eux par des pentes raisonnables d’environ 3 à 4%.
Chaque "boucle" est connectée à sa voisine via des aiguillages courbes, plus esthétiques, moins gourmands en place, offrant de grands rayons R5/R6 (543/604 mm) et selon la position adéquate des aiguilles, il sera possible de faire circuler simultanément 3 convois de façon autonome, sans risque de tamponnement, une nécessité absolue en mode "démonstration".
Ces trois boucles courront sur trois niveaux distincts mais deux d’entre elles se croiseront en face avant, à même hauteur, simulant ainsi un fonctionnement en double voies (par le jeu de demi-boucles à demi cachées et superposées par endroits) au passage en gare.
Le niveau supérieur proposera un petit dépôt avec une voie d’évitement et les rayons de courbures alterneront entre R3 et R4 (420 et 481 mm de rayon). Le niveau inférieur, se verra doter de rayons R5 et R6 (543 et 604 mm de rayon). Dans certaines courbes, des éléments de voie, type R9, R10 voire R30 ont été utilisés (826 / 888 / 1962 mm de rayon).
Je me suis refusé à utiliser du rail flexible au mètre pour des raisons pratiques. Certes, on peut se permettre de créer de vraies paraboles harmonieuses avec ce type de rails si l’on dispose d’un réseau de longueur suffisante, mais ici, le bénéfice visuel aurait été médiocre au regard du travail pour leur mise en place. Comme on dit, "le jeu n’en valait pas la chandelle". En revanche, j’ai utilisé du rail "RocoLine" bien plus esthétique que le "Geoline" de la marque, code 83 par conséquent (2,1mm de hauteur). Le plan issu de Raily (Photo-17). Les couleurs symbolisent les différences de niveaux.
Cela ne m'avait pas sauté aux yeux, mais sur le plan initial, les deux voies en face avant (en bleu) parmi les 3 visibles (au bas du plan) étaient trop proches l’une de l’autre. Au moment de leur mise en installation à plat, j’ai dû modifier le tracé de l’une d’elles (voie d’évitement) entre les deux aiguilles courbes, tout comme la voie d’évitement du petit dépôt en hauteur (voies en orange en haut du plan). Egalement lors de la mise en place des pentes de petites modifications de tracé ont été nécessaires. Le plan présenté ci-contre est le plan final. Les niveaux du plan sont mal représentés, certains passages de voie « supérieurs » étant vus « inférieurs », mais l’allure générale est correcte.
Photo-17
Plan-Voies 3 niveaux, orange-supérieur, bleu-intermédiaire, vert-inférieur
Commentaires (1)
phil19
merci pour cette rubrique, très sympa de nous faire partager la construction de votre réseau... j'attends avec impatience !
2016-06-26
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